La-plume-de-NaNa

La-plume-de-NaNa

La vieille

La vieille

 

 

Je me sens comme ces objets usés dans les vides greniers

 

 

Les passants admirent ma désuétude déposée à leurs pieds

 

 

Se rappelant d’un âge où leur peau était presque beauté

 

 

Ils me félicitent pour tant d’années passées et oubliées

 

 

Je les fais répéter comme pour mieux me convaincre de partir

 

 

Mais mes jambes engourdies ne me permettent que de sourire

 

 

Mes amis, ils m’attendent depuis si longtemps au paradis

 

 

Mes enfants, ils font de leur mieux mais ils sont si vieux, aussi

 

 

Le rythme de ma vie ressemble au métronome qui s’endort

 

 

Je n’ai plus soif, je n’ai plus faim, mais je me vois vivre encore

 

 

Le bon dieu m’a oubliée ou peut-être même, il m’a punie

 

 

Mes voyages ne se font que du fauteuil électrique au lit

 

 

Ma peau est abîmée, je vogue sur un matelas à eau

 

 

Tel que les galériens, qui vivaient dans la soute d’un bateau

 

 

Mon âme impatiente attend de pouvoir quitter mon vieux corps

 

 

En rêvant de retrouver sa légèreté habillée d’or

 

 

 

NaNa